mardi 10 janvier 2006
Notre analyse de la situation
La grippe aviaire inquiète. A juste titre?
Les dangers sont bien réels. Le virus qui atteind les volailles pourrait subir une mutation et devenir transmissible d'homme à homme. Cela pourrait provoquer une pandémie qui pourrait avoir des conséquences catastrophiques et tuer des milliers de personnes dans le monde. On recense déjà plus de 70 décès humains dûs à la grippe aviaire.
Ce virus se répand. On recense de plus en plus de foyers de contamination hors de l'Asie et la menace gagne de plus en plus l'Europe vers l'ouest. Tous les pays risquent d'être touchés car le virus voyage avec les oiseaux migrateurs infectés.
Cette psychose inquiète le consommateur qui ne sait plus s'il peut encore consommer de la volaille. Toute l'économie pourrait souffrir de ce climat tendu.
Cela dit il faut relativiser et analyser plus concrètement ce qu'il en est de la situation. Oublions un moment le battage médiatique qui nous fait craindre le pire pour nous en tenir au fait. Le virus pourrait muter et devenir transmissible d'homme à homme certes, mais ce n'est pas encore le cas! Les laboratoires pharmaceutiques (dont Roche) travaillent pour trouver un vaccin efficace au cas où il y ait mutation. Le Tamiflu produit par Roche est au point mais présente des effets secondaires. De nombreux pays, dont la France, ont déjà en réserve ce médicament au cas où et les commandes sont importantes. Roche a de quoi se frotter les mains car grâce à cette crise sa situation financière est au mieux. D'ailleurs, certains pourraient penser que la grippe aviaire n'est en fait qu'une illusion portée à intérêt à grands coups médiatiques dans le but de servir les intérêts des grands groupes pharmaceutiques. La production de vaccins représente de veritables enjeux économiques pour les groupes du monde entier.
En effet, les conséquences économiques et le battage médiatiques semblent éxagérés par rapport à la situation réelle. Il y a également disproportion entre les énormes moyens financiers déployés et la nuisance du virus. Ce n'est encore qu'une maladie "virtuelle" tant qu'elle n'a pas muté, alors ne faut-il pas relativiser toutes ses conséquences.
Les éleveurs de vollaille commencaient à paniquer mais on s'est rendu compte après les fêtes de noël que la crise n'a en rien touché leur chiffre d'affaire. D'ailleurs la baisse des ventes de volaille était d'actualité bien avant qu'apparaisse le problème de la grippe aviaire.
On ne peut pas empêcher les mouvements de panique et leurs effets sur l'économie, mais parallèlement à la prudence, il faut développer une certaine méfiance à l'égard de l'information qui souvent désinforme plus qu'autre chose et entraine des situations graves. A chacun d'être raisonnable tout en restant prudent afin que cette menace de grippe aviaire ne vienne pas contrecarrer les plans de nos vies et de nos économies.
Finalement tout cela ne doit pas nous faire oublier que le sida et le cancer tuent encore des milliers de personnes chaque année. Esperons seulement que la grippe aviaire ne fera jamais les mêmes dégats.
Merriem Menjour et Ian Pesce
