Les enjeux économiques de la grippe aviaire.

Nous allons chercher à analyser les enjeux économiques de la grippe aviaire

jeudi 1 décembre 2005

Faut-il avoir peur pour la production de poulets?

La quantité produite de poulets en France est de 1 milliard par an, pratiquement consommée uniquement en France, soit 16 poulets consommés par an par français.

L'inquiétude actuelle ne se tourne pas vers une chute de la quantité produite mais plutot vers le fait que le virus risque de muter et de toucher l'homme.

Les laboratoires de surveillance sont sur le qui-vive, notament ceux de Hong kong qui détectent de nouveaux cas régulièrement.

Actuellement , le seul anti-viral possible contre la propagation de la maladie à l'homme est le tamiflu. Le problème de ce médicament est de ne pas connaitre les effets secondaires et de constater chez certains  jeunes adolescents des actes suicidaires.

Résumé de Ian Pesce et Merriem Menjour

Source e-santé.fr

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L'Indonésie va produire le Tamiflu

L'Indonésie a décidé d'employer les grands moyens pour le stockage de Tamiflu en cas de contamination de la grippe aviaire.

Le gouvernement indonésien projette en effet de stocker 220 millions de comprimés de Tamiflu. Actuellement l'Indonésie ne  dispose que de 800000  comprimés, sachant qu'une personne atteinte de la maladie aurait besoin de 10 comprimés.

Le laboratoire Suisse Roche a accordé la production de Tamiflu par l'Indonésie sans licence.

L'Indonésie va s'appuyer sur les entreprises d'Etat Kimia Farma ou Indofarma pour la fabrication et la production de la première série de comprimés de Tamiflu qui devrait commencer d'ici trois à cinq mois.

L'Indonésie espère l'aide de ses voisins pour la fournir en approvisionnement des ingrédients.

Résumé: Ian Pesce et Merriem Menjour

Source: Actualités News Environnement

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Taiwan voudrait aussi produire du Tamiflu

Taiwan a décidé de produire sa propre quantité de Tamiflu lorsque les stocks proposés par le laboratoire Roche seront épuisés.

Le Bureau taïwanais de la propriété intellectuelle a indiqué qu'il demanderait «un brevet obligatoire» pour produire le Tamiflu.

Roche a indiqué que Taiwan recervra à la date prévue ses 2.3 millions de doses prévues.

Résumé de Ian Pesce et Merriem Menjour

Source: Edicom

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La Chine en négociation avec Roche pour une production de Tamiflu

Les laboratoires de Shanghai sont en cours de négociation avec les laboratoires Roche pour un transfert  de technologie de la production du Tamiflu en Chine.

Le vaccin de la Chine contre la grippe aviaire est actuellement dans sa phase d'essaie.

Résumé de Ian Pesce et Merriem Menjour

Source: Xinhuanet

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Combat de la France face à la grippe aviaire

Xavier Bertrand, ministre de la santé en France a déclaré que 12 des 13.8 millions de doses commandées avaient été reçues. De plus, 19 millions de doses supplémentaires ont été commandées à Roche d'ici la fin 2007.

Quant à Sanofi-Pasteur, celui-ci produira prés de 28 millions de vaccins pré-pandémique, si la maladie se déclare en France.

Résumé Ian Pesce et Merriem Menjour

Source:Pharmaceutiques

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vendredi 2 décembre 2005

Tamiflu: quels sont les dangers du médicament de Roche?

Le Tamiflu ainsi que deux autres médicaments de Roche sont montrés du doigt par la Food and Drug Administration (FDA), l'instance américaine de réglementation et de controle de médicaments qui a convoqué le vice-président de Roche suite à la mort suspecte d'enfants prenant le Tamiflu.

Les experts ayant enquété sur l'affaire la jugent "préocupante" suite aux suicides de mineurs.

Entre 2000 et 2005, on constate 32 cas d'effets secondaires neuro-psychiatriques auprès de jeunes patients qui prenaient le Tamiflu .

Remarquons que si l'inquiétude autour du Tamiflu est récente, deux autres médicaments du groupe suisse défraient ainsi la chronique aux Etats-Unis depuis des années: Le lariam, médicament contre le paludisme et l'accutame médicament contre l'acné.

Roche se défend en annonçant que ces médicaments sont trois cas différents.

Selon le chargé de relation publique:"Roche est guidé par un code de conduite morale uniquement fondé sur l'amélioration de la sécurité des patients".

Le député américain Bart Stupak trouve les explications de Roche «insuffisantes». En effet, cet homme a perdu son fils en 2000 suite à un suicide or le jeune garçon utilisait à cette époque de l'accutame.

Roche affirmera plus tard que l'accutame avait des problèmes de surdosages.

Qu'adviendra-t-il si le Tamiflu pose de tels dangers en cas de pandémie mondiale?

Résumé Ian Pesce et Merriem Menjour

Source: Swissinfo

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lundi 5 décembre 2005

Débat entre Faddia Saddah et Milan Brahmbhatt sur la grippe aviaire

Vous avec la parole!

Discussion en direct avec Fadia Saadah and Milan Brahmbhatt sur la grippe aviaire.
La «grippe aviaire», connue également sous le nom de «grippe du poulet», est une maladie contagieuse qui touche essentiellement les oiseaux. Selon les chercheurs, le virus H5N1, responsable de la maladie, est susceptible d'infecter toutes les espèces d'oiseaux, mais la volaille domestique est particulièrement vulnérable aux infections à caractère épidémique. Des rapports récents ont confirmé la propagation du virus H5N14 en dehors de l’Asie (son bastion), en Russie et au Kazakhstan par le biais des oiseaux migrateurs. Si la grippe aviaire se transmet à l’homme et cause une épidémie de grippe, elle pourrait provoquer des pertes graves en vies humaines et avoir un coût économique énorme, non seulement pour la région Asie de l'est et Pacifique, mais aussi pour le monde. Le coût d’une pandémie de grippe aviaire pourrait être de 800 milliards de dollars par an.

Le 5 décembre 2005, Milan Brahmbhatt, Économiste en chef pour la région Asie de l'Est et Pacifique, et Fadia Sadaah, Chef sectoriel ont participé à une discussion en direct sur les coûts possibles de la grippe aviaire, les moyens de prévention… etc.

En savoir plus sur la grippe aviaire.

Milan Brahmbhatt : Introduction de Milan

Milan Brahmbhatt : Avant de répondre à vos questions, je pense qu’il serait utile de résumer brièvement les principales caractéristiques des grippes pandémiques aviaires et humaines.

La grippe aviaire, aussi appelée « peste aviaire », est due à des sous-types du virus de la grippe qui, normalement, n’infectent que les oiseaux et, plus rarement, les porcs. Dans sa forme la plus pathogénique, ce virus se propage très rapidement parmi les troupeaux de volaille avec un taux de mortalité qui peut atteindre 100%, souvent dans les 48 heures qui suivent l’apparition des premiers symptômes. La flambée actuelle du virus de la grippe aviaire H5N1 a commencé en Asie, il y a environ 2 ans. Cette flambée est de loin la plus importante et la plus grave qui ait eu lieu jusqu’ici. La persistance et la propagation du H5N1 dans les troupeaux de volaille posent 2 risques principaux pour la santé de l’homme. Le premier est le risque d’une infection directe due au passage du virus de la volaille à l’être humain. À l’heure actuelle, le virus H5N1 ne se transmet pas très facilement, et, par conséquent, le nombre de cas de grippe humaine confirmés par l’OMS est relativement faible, environ 133 jusqu’ici. Ceci dit, lorsque l’infection a lieu, la maladie causée par le H5N1 offre un tableau clinique particulièrement agressif, avec une détérioration rapide et un taux de mortalité très élevé. Ce tableau comprend souvent des pneumopathies virales et des défaillances d’organes multiples, avec pour conséquence le décès du patient dans la moitié des cas.

Le deuxième risque est plus préoccupant : sous certaines conditions, le virus peut se transformer pour devenir hautement infectieux pour l’être humain, et se propager facilement de personne à personne. Ce changement dans la forme du virus pourrait alors marquer le début d’une épidémie mondiale (une pandémie de grippe humaine). L’Organisation mondiale de la santé (OMS) et d’autres organisations internationales ont récemment déclaré qu’une pandémie de grippe serait à la fois «inévitable », et « imminente ». Ceci dit, personne ne peut aujourd'hui dire avec précision quand cette pandémie humaine pourrait se déclarer, quelles seraient sa virulence et son étendue, le nombre de personnes susceptibles de contracter la maladie ou d’en mourir, et les impacts économiques et sociaux qu’elle pourrait avoir.

Ximena Suarez : Quelle différence y a-t-il entre une pandémie et une épidémie ? Pourquoi parle-t-on d’une pandémie de la grippe aviaire et d’une épidémie de grippe chez l’être humain, par exemple ?

Milan Brahmbhatt : La différence entre une épidémie et une pandémie est essentiellement une question d’échelle. Une épidémie se définit comme une situation où le nombre de cas d’une maladie humaine se multiplie à un rythme beaucoup plus rapide que ce qu’on attendrait normalement. Lorsqu’une épidémie est essentiellement limitée à un seul endroit, on parle d’habitude de flambée. D’autre part, lorsqu’une épidémie affecte une zone géographique importante qui peut couvrir plusieurs pays, voire le monde, on parle alors d’une pandémie.

Pour être complet, j’ajouterai que l’équivalent d’une pandémie chez les animaux s’appelle une panzootie. La grippe aviaire dans son état actuel est déjà devenue une panzootie. Elle affecte en effet de nombreux pays dans le monde.

Imen : Comment la grippe aviaire pourrait-elle se transmettre à l’homme ? Merci.

Milan Brahmbhatt : La transmission à l’homme peut se faire soit par des contacts directs entre l’homme et des oiseaux infectés, soit par la manipulation d’objets dont les surfaces ont été contaminées par des excréments d’oiseaux.

Jusqu’ici, la plupart des transmissions observées se sont produites dans des zones rurales ou semi rurales, où de nombreux ménages possèdent de petits troupeaux de volaille. Dans ces conditions, le risque de transmission est particulièrement élevé au moment de l’abattage ou du déplumage, ou au moment de la préparation de la volaille pour la cuisson. Néanmoins, il n’y a aucun danger à consommer de la volaille ou des produits à base de volaille, qui ont été correctement préparés et cuits.

Lilly Spokey : Comment peut-on prédire que cette pandémie pourrait coûter 800 milliards de dollars EU, vu qu’il n’y a jamais eu de pandémie de ce type jusqu’ici ? Comment êtes-vous arrivé à ce chiffre ?

Milan Brahmbhatt : Votre question est loin d’être la seule sur ce sujet. Par conséquent, pour éviter des répétitions inutiles, j’ai pensé qu’il serait peut-être plus utile de regrouper mes réponses de façon à couvrir au mieux des sujets similaires abordés dans d’autres questions.

La première chose qu’il faut noter est l’immense incertitude qui existe en ce qui concerne les dimensions d’une future pandémie de grippe humaine. Par conséquent, toute discussion des impacts économiques ne peut être basée que sur des hypothèses et des scénarios très généraux de ce que pourrait être le faciès d’une pandémie. L’épidémie du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) en Asie de l’Est en 2003 a fourni plusieurs données essentielles qui nous permettent de mieux cerner l’échelle des effets économiques possibles de la grippe aviaire. En fait, je pense que les estimations des impacts économiques, qui ont été faites jusqu’ici, utilisent comme point de départ les faits associés à l’épidémie de SRAS.

Il y a, de façon générale, trois types d’impacts économiques envisageables. Le premier a trait au stade actuel de transmission de la grippe aviaire entre des oiseaux, ou sa transmission de l’oiseau à l’homme. Les deux autres types ont trait à l’impact potentiel d’une pandémie de grippe humaine.

À l’heure actuelle, les pertes économiques sont essentiellement dues à des pertes de production de volaille et d’exportations dues à la maladie, ou à la mise à la réforme, ou aux restrictions apportées à l’exportation de volaille.

Sur le plan macro-économique, les coûts de cette pandémie pour les économies d’Asie de l’Est ont été jusqu’ici relativement limités. On pourrait presque parler d’égratignure à certains des PIB de la région, qui connaissait par ailleurs une croissance économique d’ensemble extrêmement vigoureuse. Cependant, les dégâts pourraient s’accroître à l’avenir. Ils ont déjà été particulièrement sévères pour certains secteurs et certaines communautés. Par exemple, dans des économies comme celle du Vietnam, où la majorité de la production de volaille provient de petits producteurs ruraux, l’impact a été profondément ressenti par les ménages ruraux producteurs individuels. Nous possédons aujourd’hui des données qui montrent qu’au Vietnam, les revenus du cinquième le plus pauvre des ménages dépendent beaucoup plus de l’élevage de volaille que ceux des ménages les plus riches. Par conséquent, les pauvres seront les plus affectés pas la maladie. Si, maintenant, nous examinons l’impact potentiel d’une pandémie de grippe humaine, l’impact économique le plus immédiat proviendra non des décès ou des maladies, mais des efforts faits par les individus pour éviter l’infection. C’est ce qu’a d’ailleurs montré l’expérience du SRAS : les gens ont tenté d’éviter l’infection en minimisant le nombre d’interactions directes, avec pour résultat une chute grave de la demande dans des secteurs de service comme le tourisme, le transport, la vente au détail, les hôtels et les restaurants.

L’épidémie de SRAS a entraîné une perte économique immédiate d’environ 2% du PIB de l’Asie de l’Est au cours du second trimestre 2003, même si seulement environ 800 personnes sont décédées des suites de la maladie.

La pandémie de grippe aviaire pourrait être une maladie de dimension mondiale dont la durée serait supérieure à celle du SRAS. Par conséquent, on peut prendre comme hypothèse que ce type de choc économique pourrait se produire à l’échelle mondiale et pourrait avoir une durée supérieure à celle du choc provoqué par le SRAS. Par exemple, si nous considérons le monde comme étant une seule économie sans exportations et importations, un scénario de chute de 2% du PIB mondial pendant 1 an représenterait une perte d’environ 800 milliards de dollars EU.

Le but de ce calcul tout simple a pour seul objectif de nous donner une idée de l’ordre de grandeur des effets économiques. C’est cette même logique qu’utilise, par exemple, la firme de consultants Oxford Economic Forecasting, qui estime que l’impact minimal de la maladie serait une chute de 2% du PIB mondial pour une durée de 6 mois, ce qui correspondrait à une perte de 400 milliards de dollars EU. Je considère personnellement que cette interprétation est correcte.

Un tel choc au niveau mondial entraînerait également un repli du commerce mondial, qui pourrait d’ailleurs être beaucoup plus sérieux que celui provoqué par le SRAS, essentiellement concentré en Asie de l’Est. Ce repli du PIB mondial serait de l’ordre de 4 à 5%, selon Oxford Economic Forecasting, soit un montant de 1.500 à 2.000 milliards de dollars EU. C’est vous dire que notre estimation de 800 millions de dollars EU est comparativement très conservatrice.

En plus des coûts immédiats dus aux perturbations strictement économiques, une pandémie mondiale grave de grippe pourrait également entraîner une chute importante de la production à l’échelle mondiale, causée par la maladie et les décès parmi la population active. À l’heure actuelle, personne ne peut prévoir ce que pourrait être la mortalité de cette pandémie. Une étude effectuée pour les États-Unis a révélé qu’une épidémie relativement faible, semblable à celle qui a eu lieu en 1968, pourrait entraîner pour ce pays des pertes d’une valeur actualisée de 100 à 200 milliards de dollars EU d’aujourd’hui. L’équipe d’Oxford propose de prendre comme règle pratique une chute de la production mondiale d’environ 0,5% (soit une perte de 200 milliards de dollars EU) pour chaque 1% de la population mondiale rendu inactif ou perdu à cause de la pandémie. Vu que ces effets de la maladie sur la population active sont susceptibles de persister pendant de nombreuses années, la valeur actualisée de la perte pourrait être en fait nettement supérieure.

À l’avenir, les analystes, y compris ceux de la Banque mondiale, produiront des calculs d’impact économique beaucoup plus sophistiqués, fondés sur des modèles économiques plus développés, mais aussi sur des données plus précises quant aux caractéristiques de la maladie, qui deviendront disponibles avec le temps.

Steve Omanufeme : Vos chiffres de coûts comprennent-ils les coûts de recherche ou les pertes d’opportunités commerciales ? De façon plus précise comment êtes-vous arrivé à ce chiffre ? L’Afrique subsaharienne est-elle inclue dans votre évaluation globale de l’impact de la grippe ? Quels sont les symptômes de la grippe aviaire, et quels sont l’étendue et les coûts des recherches qui ont été entrepris pour trouver des remèdes pour la soigner.

Milan Brahmbhatt : Votre question aborde un thème qui revient souvent dans les questions qui m’ont été adressées. De nouveau, pour éviter des duplications, j’ai pensé qu’il serait plus utile de regrouper mes réponses de façon à couvrir au mieux des sujets similaires abordés dans d’autres questions. La première chose qu’il faut noter est qu’il existe de nombreuses incertitudes en ce qui concerne les dimensions d’une future pandémie de grippe humaine. Par conséquent, toute discussion des impacts économiques ne pourra être basée que sur des hypothèses et des scénarios très généraux de ce qu’une pandémie pourrait être. L’épidémie de SRAS en Asie de l’Est en 2003 nous a fourni un certain nombre de données essentielles, en ce qui concerne l’échelle des effets économiques. En fait, je pense que la plupart des estimations des impacts économiques qui ont été faits jusqu’ici utilisent l’expérience de l’épidémie SRAS comme point de départ.

Wasilwa Nyongesa : 1. Comment peut-on maîtriser la grippe aviaire ? 2. La grippe aviaire est-elle une maladie à virus ou une maladie bactérielle ? S’il s’agit d’une maladie virale, sa multiplication est-elle plus rapide ? 3. Quel est le tableau épidémiologique d’une grippe aviaire ?

Milan Brahmbhatt : Votre question est représentative de nombreuses interrogations sur ce que les gouvernements, les organisations internationales, et le secteur privé pourraient faire pour prévenir ou répondre à des menaces de pandémie de grippe aviaire et humaine. J’ai par conséquent à nouveau choisi quelques questions qui me paraissaient typiques, et je tenterai d’y répondre de façon à couvrir la plupart des sujets abordés. Les organisations internationales et les gouvernements ont, en fait, déjà tenu des réunions très importantes pour discuter de la préparation et des réponses en matière de politique à la pandémie. La plus récente a eu lieu à Genève au cours d’une conférence co-parrainée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), et la Banque mondiale. Les principales conclusions de ces réunions sont les suivantes : tout d’abord, chaque pays joue un rôle central dans toute réponse coordonnée. Les stratégies nationales qui sont mises au point par les gouvernements pour faire face à la menace de grippe constitueront la fondation d’une réponse à l’échelle mondiale.

Deuxièmement, vu les liens étroits entre la santé animale et la santé humaine, ces réponses au niveau des pays devront s’articuler sur une planification intersectorielle où interviendront les différents ministères concernés dans chaque pays, tel celui de l’agriculture, de la santé animale, de la santé humaine, des finances, les collectivités locales, et les communautés locales. Tout ceci, bien sûr, devra se passer sous la houlette d’un leadership politique fort au plus haut niveau.

Il est bien évident que tous les pays n’ont pas les mêmes capacités de planifier et d’exécuter les réponses appropriées. Par conséquent, et troisièmement, vu la nature mondiale du problème, il faudra donc une réponse coordonnée et forte au niveau mondial et au niveau régional. Des organismes comme l’OMS, la FAO, et l’OIE seront, sur le plan technique, les chefs de file de ce combat. La FAO et l’OIE ont déjà préparé une stratégie conjointe pour la maîtrise de la grippe aviaire au niveau animal. L’OMS est en train de mettre au point un plan stratégique pour chacun des pays individuels et pour la communauté internationale dans son ensemble, en cas de pandémie de grippe humaine.

À ce stade, la Banque mondiale fournit aux pays concernés des prêts à faible taux d’intérêt et des dons pour une valeur de 500 millions de dollars EU, de façon à aider ces pays à entreprendre les préparatifs nécessaires. Elle travaille avec d’autres donateurs et d’autres agences de façon à avoir un effet multiplicateur sur la mobilisation de ressources financières supplémentaires.

La Banque a également l’expérience de ce type d’approche multidisciplinaire et multisectorielle. Elle peut aussi utiliser sa capacité de mobilisation pour unir les efforts de tous les ministères, agences et donateurs, ainsi que pour mobiliser une coordination politique au plus haut niveau. La Banque peut fournir son expérience et ses compétences dans l’abord des effets économiques et sociaux.

Il est important d’établir un bon équilibre entre les mesures à court terme et à long terme. Le principal objectif immédiat est de réduire le risque pour l’être humain en maîtrisant la propagation de la grippe aviaire, là où elle existe, ainsi qu’en accélérant les préparatifs en vue d’une éventuelle pandémie humaine. Ceci demande la mise en place de mécanismes de détection précoce, de réponse rapide et de mesures de contrôle au niveau de la source animale, de façon à réduire la charge de virus dans l’environnement, et les chances d’une transformation génétique du virus.

La stratégie à plus long terme consiste à minimiser la menace mondiale de grippe aviaire en prenant des mesures concrètes de contrôle et d’éradication progressives de la grippe aviaire, tout en mettant en place des mesures plus générales et à long terme pour renforcer la surveillance, la recherche réglementaire institutionnelle, et les capacités techniques en matière de santé animale, de santé humaine, et dans les autres secteurs pertinents. Ces mesures seront extrêmement importantes à la fois à court terme et à long terme.

Charles : En cas de mutation de H5N1 qui permettrait une transmission d’homme à homme, notre capacité à réduire l’impact va dépendre essentiellement de mécanismes de réponse rapide que les pays et les organismes auront mis en place. Malheureusement, les conditions idéales de mutation ont lieu dans des pays dont les niveaux de transparence sont particulièrement faibles. Que fait-on pour améliorer les mécanismes d’information ?

Milan Brahmbhatt : Je pense que la question de Charles soulève un point très important en matière de transparence, et du rôle de la transparence en matière de politique de réponse à la pandémie. Au cours de l’épidémie de SRAS, certains faits montrent que les coûts dus à la panique et aux perturbations ont eu tendance à être exagérés à cause d’un manque initial d’information du public dans certains pays Au cours de la grande pandémie de 1918, les gouvernements ont en fait essayé de cacher la vérité de façon à maintenir le moral de la population pendant ces temps de guerre, bien que ceci ait en dernier ressort contribué à accélérer la propagation de la maladie à l’échelle mondiale, et à faire perdre la confiance du public vis-à-vis du gouvernement. Par conséquent, une leçon essentielle pour les gouvernements est d’établir un historique de crédibilité, en divulguant les informations de façon honnête, précise, et en temps opportun, à leurs populations et au monde extérieur. La surveillance de la santé animale exige des investissements dans les systèmes d’information épidémiologique, y compris au niveau de l’exploitation agricole. Il s’agit en effet de former les exploitants pour qu’ils puissent reconnaître les symptômes de la grippe aviaire, pour qu’ils puissent également être compensés pour les pertes qu’ils auraient à subir, et pour les encourager à rapporter ces symptômes aux autorités. Nous avons également besoin d’améliorer les systèmes d’information au niveau national, de façon à ce que les services vétérinaires officiels opèrent de façon transparente et indépendante des pressions politiques, et soient susceptibles de fournir des informations sur toute flambée dans le pays au système de surveillance à l’échelle mondiale, qui est géré par l’OIE.

Dr. Elivra Beracochea : À mon sens, toutes les actions entreprises pour prévenir ou atténuer la pandémie de grippe aviaire devraient veiller à être en cohérence avec les efforts actuels entrepris pour réaliser les Objectifs de développement pour le millénaire. La Banque voit-elle une occasion de mettre en cohérence ces deux types d’efforts au niveau mondial, ou bien, au contraire, considère-t-elle qu’ils doivent se faire de façon séparée ?

Milan Brahmbhatt : C’est une excellente question. Il existe un programme à long terme très important qui a pour objectif de traiter les problèmes liés à la grippe en termes de renforcement des systèmes de santé animale et humaine. Ces investissements permettront non seulement d’aborder les problèmes liés à la grippe, mais également ceux liés à d’autres maladies. Ces efforts sont en cohérence avec ceux déployés pour réaliser les objectifs de santé humaine et de réduction de la pauvreté des Objectifs de développement pour le millénaire. Et comme l’a observé un autre participant à ce débat, le niveau d’alerte actuel pour la grippe va permettre également une évaluation mondiale de plus grande envergure de l’importance des conditions de santé humaine et animale dans les pays en développement, non seulement d’un point de vue de santé, mais également dans une perspective économique, et même dans une perspective politique et sécuritaire.

Martin Schreiber : On a beaucoup parlé du besoin de compenser les fermiers pour l’abattage de leurs poulets atteints de grippe aviaire. Est-ce le cas à l’heure actuelle ? Est-ce un phénomène courant ? Et ne faudrait-il pas avoir des mécanismes de compensation dans chaque pays à l’heure actuelle, si nous voulons véritablement traiter une épidémie aviaire ?

Milan Brahmbhatt : En fait, les gouvernements d’Asie de l’Est sont, de façon générale, arrivés à la conclusion que la compensation des paysans jouait un rôle important dans les efforts entrepris pour maîtriser la grippe. Un manque de compensation, ou des compensations trop faibles décourageront les paysans d’abattre ou de réformer leurs troupeaux. D’autre part, il faut également mentionner que les gouvernements désirent éviter de débourser des sommes trop importantes, car cela risquerait d’encourager les fermiers à infecter de façon délibérée leurs troupeaux, un phénomène qui, semble-t-il, aurait déjà eu lieu. Mais le point général est bien évident : la compensation est une arme importante dans le renforcement de la lutte contre la grippe.

CTaylor : Quel est, selon vous, le rôle du secteur privé dans la préparation d’une pandémie humaine ? Quel rôle devrait-il jouer dans le cas d’une pandémie ?

Milan Brahmbhatt : Votre question, à nouveau, au sujet du secteur privé dans la préparation, et son rôle dans la lutte contre une pandémie de grippe, a été reprise par plusieurs autres participants. Certainement, en tant que principaux acteurs d’une économie de marchés, les actions menées par les entreprises auront une influence importante sur la sévérité des impacts économiques d’une pandémie, si elle a lieu. Plusieurs questions méritent d’être mentionnées, bien que la liste ci-dessous soit loin d’être exhaustive.

Tout d’abord, comme nous l’avons déjà noté, des secteurs comme celui des voyages, du tourisme, et d’autres secteurs caractérisés par des dépenses de type discrétionnaire ou de luxe seront ceux où l’impact sera le plus immédiat et le plus lourd de conséquences. Les entreprises devront par conséquent tenter de mobiliser des financements suffisants de façon à pouvoir survivre à un repli sévère de la demande et à une chute de leur trésorerie, qui pourraient durer de 6 mois à 2 ans. Les banques centrales devront probablement diminuer les taux d’intérêt. Mais, d’un autre côté, les banques pourraient devenir beaucoup plus conservatrices en matière de risques dans ce type d’environnement incertain. Par conséquent, les entreprises dont les bilans seront positifs auront un avantage, tandis qu’on pourrait voir des faillites affecter les secteurs les plus touchés, par exemple les compagnies aériennes.

Dans de nombreux pays en développement, les gouvernements auront donc à planifier des politiques permettant de faciliter la restructuration des entreprises et leur redémarrage une fois la crise maîtrisée. Ceci va demander d’accélérer les réformes, notamment celles des cadres juridiques de la faillite qui sont souvent obsolètes et inefficaces.

Deuxièmement, les entreprises auront également à prendre des dispositions pour faire face à des perturbations inattendues de leur approvisionnement en intrants et des prestations de services essentiels en matière d’affaires, notamment au niveau des déplacements d’affaires. Par conséquent, il est important de travailler avec les fournisseurs sur la façon de planifier les approvisionnements en cas de perturbations, de trouver d’autres sources d’approvisionnement, et également d’envisager d’autres moyens de conduire les affaires. Le télétravail et les vidéoconférences pourraient être les types de technologie de substitution auxquels les entreprises pourront avoir recours. Évidemment, ces technologies s’appliquent surtout aux entreprises des économies les plus avancées, ainsi qu’aux grandes entreprises du secteur moderne et formel des économies en développement.

Troisièmement, les entreprises devront également prendre des mesures pour atténuer l’impact de l’épidémie sur leur personnel. Ces mesures viseront à minimiser les risques de propagation de la maladie parmi le personnel. Elles pourront inclure des directives à appliquer pour (i) identifier les travailleurs qui pourraient être infectés, et pour leur demander de rester chez eux ; (ii) créer un environnement de travail plus salubre, de façon à réduire la probabilité d’une infection sur le lieu du travail, par exemple en exigeant un lavage des mains beaucoup plus fréquent, l’utilisation de désinfectants ; et (iii) réduire le nombre de rassemblements massifs de personnel.

Walter Nsoh : Où en est-on dans le développement d’un vaccin contre le virus de la grippe aviaire ? Quelle est la position de la Banque mondiale à ce sujet ?

Milan Brahmbhatt : Il y a eu plusieurs questions sur l’efficacité et la disponibilité de vaccins, et de médicaments anti-viraux comme le Tamiflu. À l’heure actuelle, il n’existe pas encore de vaccins efficaces contre le virus de la pandémie de la grippe. Les vaccins sont produits chaque année pour la saison normale de la grippe, mais ils n’offriront pas de protection en cas de pandémie de grippe. Bien qu’un vaccin contre le virus de la grippe aviaire H5N1 soit en cours de développement dans de nombreux pays, il n’en existe pas encore aujourd’hui qui puissent être produits de façon commerciale. On ne peut espérer avoir des vaccins disponibles que plusieurs mois après le début de la pandémie.

Il y a aujourd'hui 2 médicaments anti-viraux, Oseltamivir, connu sous le nom de Tamiflu, et le Zanamivir, connu commercialement sous le nom de Relenza. Ces 2 médicaments peuvent réduire la gravité et la durée de la maladie causée par la grippe saisonnière. Leur utilité va dépendre de leur administration dans les 48 heures suivant l’apparition des premiers symptômes. Ces mêmes médicaments pourront probablement améliorer les perspectives de survie en cas d’infection humaine de grippe aviaire, pour autant qu’ils soient administrés suffisamment tôt. Cependant, les données cliniques sont limitées, et, par conséquent, il y a encore beaucoup d’incertitudes quant à leur effet.

Dr. Ashish Manohar Urkude : « Il est grand temps que la Banque mondiale ait sa propre équipe de recherche médicale et ses propres usines de production pharmaceutique de façon à mettre des médicaments à un prix abordable à disposition des simples citoyens dans l’ensemble du monde. » C’est ce qu’a dit le Dr. Ashish Manohar Urkude au cours d’une conférence. Mr. Brahmbhatt, quelle est votre opinion en tant qu’économiste ?

Milan Brahmbhatt : Manifestement, une fois qu’un vaccin sera disponible, et même si les médicaments anti-viraux s’avèrent être efficaces, les réponses en terme d’approvisionnement seront probablement inadéquates, du moins à court terme, pour ce qui est de la production et du stockage des anti-viraux, et du développement et de la production des vaccins, en particulier pour leur utilisation par les pays en développement. Par conséquent, des efforts à l’échelle mondiale sont nécessaires de façon à palier à ces défaillances du marché. Ces efforts vont demander des partenariats entre secteurs public et privé, et leur aboutissement doit être considéré comme un objectif à long terme important. Il y a également des questions techniques en ce qui concerne l’efficacité des différentes stratégies pour l’utilisation des anti-viraux dans la vaccination, ainsi que des questions sur la façon la meilleure et la plus rapide de développer ces anti-viraux à court terme.

Ces différentes questions ont suscité beaucoup d’intérêt parmi les chercheurs, et ont encouragé des formulations nouvelles et intéressantes sur le plan des politiques. Elles sont à l’heure actuelle en cours de discussion, notamment en ce qui concerne l’accélération des processus et la disponibilité des vaccins et des médicaments.

Alberto : Peut-on imaginer d’arriver à changer le style de vie ? Par exemple, arrêter pour l’instant la consommation de volaille ? Éduquer tous les enfants et les adultes pour qu’ils se lavent les mains ?

Milan Brahmbhatt : Ceci est certainement une très bonne idée. Se laver fréquemment les mains est la mesure de protection la plus efficace et la plus facile à prendre, et c’est quelque chose que tout un chacun devrait savoir et pratiquer.

Ndihokubwayo Athanase : Quel conseil donneriez-vous à celui qui avait un projet d’investissement à court terme dans l’élevage des volailles ? Faut-il changer de domaine d’investissement ?

Milan Brahmbhatt : Il nous est difficile de donner des conseils d’investissement précis dans ce contexte. Manifestement, vu les dangers d’une infection de grippe aviaire, il faut améliorer la sécurité, les conditions sanitaires, et les conditions générales de production à tous les stades de la production de volaille, et de la chaîne de distribution. Ceci va demander des investissements de façon à réaliser ces améliorations dans les conditions sécuritaires et sanitaires.

Scott : Je crois avoir compris qu’un des problèmes dans la maîtrise de la grippe aviaire parmi les animaux a trait à la pénurie de vétérinaires. Que fait la Banque mondiale pour aborder ce problème ?

Milan Brahmbhatt : La capacité d’un pays à prévenir et à maîtriser une épidémie de grippe aviaire va dépendre en grande partie de la qualité de ses services vétérinaires. Dans de nombreux pays en développement, les services nationaux se sont détériorés au cours des récentes décennies. Par conséquent, améliorer les services vétérinaires constitue une partie importante de la réponse aux problèmes actuels. L’Organisation de la santé animale, OIE, a mis au point des instruments qui permettent d’aider les services vétérinaires nationaux à effectuer leurs propres évaluations, de façon à déterminer leur niveau actuel de performance, à développer une vision partagée avec le secteur privé, et finalement à établir des priorités et à faciliter une planification stratégique.

Une fois l’évaluation des services vétérinaires et autres services auxiliaires terminée, les partenaires au développement, y compris la Banque mondiale, peuvent fournir un appui visant à renforcer les services vétérinaires et à les mettre en cohérence avec les normes OIE. Cet appui pourrait comprendre, par exemple, un soutien technique pour renforcer la gouvernance et moderniser la législation, un appui à des restructurations organisationnelles à caractère exceptionnel, un appui à la formation de personnel, l’amélioration des infrastructures prioritaires, l’équipement, le matériel, les fournitures, ainsi que de l’assistance technique, etc.

Laura Henry : J’ai entendu que le Gouvernement chinois a l’intention de vacciner tous les poulets. Les risques d’une mutation, qui sont implicites à un tel plan, ne sont-ils pas supérieurs aux bénéfices que ce plan pourrait entraîner ?

Milan Brahmbhatt : La vaccination de masse de la volaille est nécessaire lorsque des mesures sanitaires telles la mise à la réforme, la désinfection et le contrôle sur les mouvements de volaille n’ont pas pu être mis en place suffisamment rapidement, ou ne sont pas suffisamment fortes après l’apparition des premières flambées. Ces défaillances ont conduit à une propagation rapide de la maladie. Dans ce type de situation, la vaccination est souvent utilisée précisément pour abaisser la charge virale, et pour réduire le risque de changements génétiques qui pourrait conduire à une pandémie de grippe humaine.

Oz Mansoor : 1. La priorité immédiate est la prévention d’une apparition d’une pandémie virale à partir du H5N1 actuel. La principale difficulté ici est la taille énorme du secteur de l’élevage artisanal de poulets, estimé par la FAO à 500 millions de personnes. Des vies et des moyens de subsistance dans ce secteur ont déjà été détruits ou sont gravement affectés. Pour assurer la santé des populations concernées et leurs moyens de subsistance, ainsi que pour prévenir les risques sur la santé mondiale, il paraît urgent de trouver les moyens d’aider ces gens, dont la plupart vivent dans une économie de subsistance, de trouver de nouvelles façons de trouver une alimentation protéinique et de nouveaux revenus. Comment la Banque peut-elle aider dans ce processus ? Quels sont ses plans ? 2. Les dégâts économiques du SRAS ont été entièrement dus aux réponses humaines au virus. Ceci reflète en partie la médiocrité de la communication des risques par les autorités sanitaires (aggravés par un manque de confiance du public). Nous voyons aujourd’hui se développer une situation analogue, avec une méfiance de plus en plus grande du public pour les aliments à base de volaille, alors qu’il n’y a aucun risque à manger du poulet qui a été correctement cuit. La Banque a-t-elle mis au point des stratégies pour l’analyse du risque et sa gestion ? Quel est le rôle de la Banque dans la mise au point de stratégies de communication ?

Milan Brahmbhatt : La restructuration du secteur de la volaille est un élément important de toute stratégie visant à se prémunir contre les effets nuisibles de la grippe aviaire. Mais c’est également une intervention compliquée qui demande une très bonne compréhension de l’ensemble du système socio-économique. De plus, cette restructuration va demander des approches différenciées selon les pays, en fonction des caractéristiques de leur filière volaille, de ses infrastructures et de ses canaux de distribution. De même, l’approche sera différente selon que la production se fait de façon artisanale ou industrielle.

La restructuration doit être considérée comme un processus graduel, qui affecte différents segments de la filière, selon des modalités et à des rythmes différents. Théoriquement, les principales activités à envisager comprennent la restructuration de la production, la compartimentalisation, et le zonage, l’adaptation à de nouveaux systèmes de commercialisation et de transport, de nouvelles réglementations pour le commerce intérieur et le commerce international en matière de volaille, la réévaluation des systèmes de production agricole, en introduisant la ségrégation de différentes espèces animales, la relance de l’approvisionnement en volaille de reproduction, et, comme je l’ai déjà mentionné, le renforcement de la sécurité biologique sur les lieux de production et de commercialisation.

Mr. Mansur avait également une question sur les stratégies de communication des risques, un thème qui a déjà été abordé dans notre discussion par la réponse à une question similaire.

Rama Murphy : Existe-t-il une cartographie de la distribution et de l’intensité de la maladie ? Si de telles cartes existent, où peut-on les trouver ? Ces cartes pourraient être utiles pour prendre à l’avance certaines précautions, par exemple en visitant les zones d’épidémie. Y a-t-il également des études qui ont été faites en ce qui concerne la consommation de viande de volaille ?

Milan Brahmbhatt : Je crois que les sites web de l’OIE et de la FAO contiennent des cartes indiquant la progression de l’épidémie de grippe aviaire, et les migrations des oiseaux sauvages. Ces sites comprennent également des directives en matière de sécurité alimentaire en ce qui concerne la consommation de viande de volaille. En les consultant, vous trouverez probablement la réponse à vos questions.

Filiz Toprak : Je voudrais aborder deux thèmes : tout d’abord le comportement prévisible du virus et les groupes à risque, où j’ai plusieurs questions, en espérant ne pas être trop spécifique, et en évitant de vous demander de spéculer. Tout d’abord, y a-t-il moyen de déterminer quels sont les autres virus qui peuvent infecter les espèces animales que le sous-type H5N1 de la grippe aviaire a tendance à infecter ? Par exemple, en plus des oiseaux, devrions-nous nous préoccuper à l’avenir d’autres vecteurs potentiels, où les risques de prolifération sont peut être plus importants, comme les mouches ou les moustiques, l’eau ou l’air? De même, que faut-il penser du cri d’alarme de Robert Webster quant à la possibilité pour le VIH d’acquérir un mécanisme plus commode de transmission par hybridation avec le virus de la grippe aviaire ? Est-il fondé, notamment si l’on prend en compte les trajets migrateurs des oiseaux vers l’Afrique et en Afrique ? De même, y a-t-il des progrès en matière de tests d’efficacité de médicaments anti-sens permettant de dé-activer plusieurs sous-types viraux en même temps. Mon deuxième thème est d’ordre statistique. Malgré le fait qu’il n’y ait pas un nombre suffisant de cas sur le plan statistique, y a-t-il des données disponibles quant à la possibilité de distinguer des profils de mortalité en fonction de l’âge (profil en V, en W, ou d’autres) pour les êtres humains infectés avec le virus de la grippe aviaire ? En d’autres termes, quel est le groupe d’âge qui a la plus haute probabilité d’être gravement affecté par cette maladie ?

Milan Brahmbhatt : La grippe aviaire a actuellement plus ou moins un profil en W, affectant certains groupes d’âges adultes, ainsi que les très jeunes et les vieux. Ceci fait craindre qu’une pandémie de grippe aviaire humaine pourrait également avoir un profil en W, comme l’avait la pandémie particulièrement mortelle de 1918.

Remy Harvey : Quelle région du monde a-t-elle la plus haute probabilité de servir de point de départ à la pandémie ?

Milan Brahmbhatt : La probabilité d’une pandémie de grippe humaine est liée à la probabilité d’un réassortiment génétique des virus de la grippe aviaire avec le virus de la grippe humaine. Ceci dépend de la charge virale de la grippe aviaire dans l’environnement.

La grippe aviaire est, à l’heure actuelle, endémique dans plusieurs pays d’Asie de l’Est. Par conséquent, si une pandémie de grippe humaine devait se déclarer, il est fort probable qu’elle démarre en Asie de l’Est. Cependant, le virus de la grippe aviaire pourrait être également emporté dans une autre région du monde par des oiseaux migrateurs, ou par le commerce illégal des oiseaux ou de la volaille, ce qui pourrait conduire à un réassortiment génétique et au début d’une pandémie humaine dans certaines autres régions. Une fois que démarre une pandémie de grippe humaine contagieuse pour les êtres humains, sa propagation est considérée comme inévitable. Cependant, les pays concernés pourraient prendre des mesures telles que la fermeture des frontières et la restriction des déplacements de façon à retarder l’arrivée du virus, mais généralement ces mesures sont considérées comme étant peu susceptibles d’arrêter entièrement la pandémie.

R. Mendoza : Possède-t-on des informations quant à la répartition du coût de la grippe aviaire de 800 milliards de dollars EU par an selon les régions et/ou les pays ? Quels sont les pays qui seront probablement les plus affectés ?

Milan Brahmbhatt : À l’heure actuelle, la Banque mondiale a entrepris une étude plus fine des impacts économiques en examinant l’effet potentiel sur les différentes régions et économies. En général, l’hypothèse est que les pays dont l’économie est très dépendante du tourisme, et ceux qui sont le plus ouvert au commerce international seront également les pays qui risquent d’être les plus affectés par une réduction de la demande suite à la maladie. D’autre part, des pays où les systèmes de santé humaine et animale sont les mieux développés seront probablement les mieux à même de faire face à une offre en matière de volailles qui pourrait être menacée par la maladie et la mortalité qu’elle entraîne parmi les élevages.

Velody Heung : 1. La Banque mondiale aura-t-elle des estimations plus détaillées de l’impact économique de la pandémie, en particulier l’impact sur le PIB dans la région Asie-Pacifique ? Y a-t-il des estimations de l’impact sur l’industrie touristique pour la région Asie-Pacifique ? Et, plus précisément, quel pourrait être l’impact de la pandémie sur les compagnies aériennes ? 2. Selon l’OMS, la pandémie risque d’arriver par vagues. La Banque mondiale possède-t-elle des estimations de l’impact économique pour les cinq premières années après le déclenchement de la pandémie ? 3. Combien de temps prendra la reprise ? En partant de l’hypothèse que la plupart des pays de la région Asie-Pacifique seront affectés, quel est le pays qui sera susceptible d’avoir le redressement le plus rapide sur les plans économique et social, et celui pour lequel la reprise sera la plus longue ? Comment la reprise sur le continent nord-américain se comparera-t-elle à celle de l’Europe ?

Milan Brahmbhatt : La Banque asiatique de développement a préparé des estimations macro-économiques plus détaillées pour l’Asie de l’Est, aujourd’hui disponibles sur son site web. Comme nous l’avons déjà mentionné, la Banque mondiale va également fournir une évaluation plus fine à l’échelle mondiale, qui comprendra également une évaluation des impacts sur l’Asie de l’Est, ainsi que sur les autres régions. Ces travaux permettront de mieux comprendre le rythme possible de la reprise après la pandémie.

De plus, nous envisageons également de travailler avec des modèles multisectoriels qui nous aideront à développer des évaluations d’impact sur les différents secteurs de l’économie.

Yannick : Quelles sont les causes de la grippe aviaire et leurs impacts sur l’homme ? L’Afrique n’étant pas épargnée et ne disposant pas des ressources nécessaires pour y faire face, quels conseils donneriez-vous à nos populations qui, non seulement, ne sont pas informées de son existence, mais qui, malheureusement, risquent de payer un lourd tribut si la grippe aviaire se matérialise sur le continent ? Le virus étant connu, quel est l’état d’avancement de vos recherches sur cette maladie ? Y a-t-il un vaccin ou des produits anti-grippe aviaire ? Bien à vous.

Milan Brahmbhatt : Nous avons eu plusieurs questions concernant la grippe aviaire en Afrique, en particulier comment cette région pourrait éventuellement y faire face, compte tenu de ressources économiques généralement faibles, et de son manque de capacités techniques. Il y a risque que le virus de la grippe aviaire H5N1 puisse être transporté par les migrations d’oiseaux sauvages vers l’Afrique. Les oiseaux vecteurs du virus de la grippe aviaire pourraient en effet atteindre l’Afrique du Nord et de l’Est au cours d’une des saisons migratoires à venir, en commençant avec celle de la fin de 2005 et du début de 2006. À l’exception de quelques fermes commerciales en Afrique du Nord et de l’Est qui sont susceptibles de mettre en place des mesures de biosécurité, la plupart des systèmes de production courent un risque très élevé. Des perturbations graves du commerce et du tourisme pourraient également avoir lieu. L’impact d’une pandémie de grippe humaine serait beaucoup plus grave. Les pays ont déjà commencé à prendre les mesures qu’exige la situation en préparant des plans d’épidémie, en plus de plans de contrôle de la volaille. Mais compte tenu des faiblesses de la région que nous avons mentionnées, il y a un besoin particulièrement important d’assistance technique et financière internationale dans cette région.

German Cardenas : Quelle est la probabilité que la grippe aviaire atteigne l’Équateur ?

Milan Brahmbhatt : Il y a eu plusieurs questions en ce qui concerne les Amériques. Depuis près de 20 ans, la filière volaille constitue en effet le secteur de l’industrie de la viande en Amérique latine où la croissance est la plus rapide. Les pays de la région peuvent donc s’estimer heureux de ne pas encore avoir eu de cas de grippe aviaire attribuable au virus H5N1 parmi leurs populations d’oiseaux. Jusqu’ici, la région a été considérablement isolée en termes de route migratoire des autres régions du globe où la maladie a été identifiée.

Néanmoins, la plupart des pays d’Amérique latine ont commencé à se préparer pour une flambée possible de grippe aviaire. Il y a eu plusieurs réunions de commissions pour l’industrie avicole dans la région, et les autorités régionales ont pris des mesures préventives, y compris une amélioration de la surveillance des fermes avicoles, et une surveillance des oiseaux migrateurs.

Source: Banque Mondiale

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mercredi 7 décembre 2005

La vente libre de Tamiflu interdite au Viêtnam

Comme tout médicament, il ne faut pas abuser du Tamiflu. C'est pour cela que sa vente libre a été interdite au Vietnam.

Le virus y a déjà fait 42 morts et la population n'hésitera pas à utiliser le Tamiflu pour se protéger. Mais attention car prendre le médicament sans être contaminé par le virus H5N1 revient à rendre le traitement inefficace car le virus risque de muter pour devenir plus résistant.

résumé par Ian Pesce et Merriem Menjour

source : l'Express

Posté par ianpesce à 11:08 - C) Articles - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

LDC: la grippe aviaire pèsera sur les résultats annuels.

La grippe aviaire se fait ressentir sur les résultats des entreprises. C'est le cas ici de LDC (agro-alimentaire) qui prévoit pour son exercice 2005-2006 une baisse de son résultat de l'ordre de 20%, ce qui représente de 10 à 13 millions d'euros.

résumé de Ian Pesce et Merriem  Menjour

source : Cercle Finance

Quel est l'effet de la grippe aviaire sur l'économie chinoise?

Au marché de shenghe à Beijing, il n'y a plus de bruits de volailles. La capitale est en alerte face à la grippe aviaire.Le marché de Senghe ainsi que de nombreux autres marchés de la capitale ont cessé de vendre de la volaille vivante.

De plus, le prix des œufs a augmenté, atteignant 5,4 yuans le kilogramme dans plusieurs endroits, plus que le prix le plus élevé de l'année dernière.

L'impact sur les fermiers

Ils seront les plus touchés, du fait que la volaille est le principal aliment dans les zones rurales. En effet la valeur de l'élevage équivaut à plus de 60% de leur production agricole annuelle.

L'exportation suspendue

De nombreux pays ont suspendu leur importation de volailles venant de Chine notament le Japon, la République de Corée, Singapour, la Roumanie et la Suisse.

Le Bureau d'État pour le contrôle de la qualité, l'inspection et la quarantaine a publié une notification d'urgence exigeant des entreprises de traitement de volaille dans les régions épidémiques l'arrêt immédiat de leurs affaires.

On estime que la demande annuelle de poulet à Beijing s'élève à environ 100 000 tonnes.

Les petites basses-cours et petites entreprises risquent de fermer face à la chute du marché interieur de volaille et de voir les grandes entreprises exportatrices se tourner aussi vers le marché interieur.

L'influence sur le marché du grain

La réduction de quantité de volaille, réduit inévitablement la vente de fourrage et touche indirectement le maïs et le soja. La croissance de prix du fourrage augmentera certainement et entraînera une demande de grain.

L'effet sur l'économie

La grippe aviaire n'a eu aucune conséquence actuellement face à la fluctuation du tourisme.

Quelques experts analysent dans une perspective macro-économique que le nouveau cycle de la croissance économique chinoise est conduit principalement par l'industrie, et que la grippe aviaire actuelle a peu d'impact sur l'industrie.

Selon les hauts fonctionnaires des services d'estimation l'impact économique sur la Chine de la grippe aviaire sera trés limité.

Résumé Merriem Menjour et Ian Pesce

source: china.org

Posté par ianpesce à 22:58 - C) Articles - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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